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2003 : Création de la MYTHIC, quand LIP réinvente la lecture du temps

2003 : Création de la MYTHIC, quand LIP réinvente la lecture du temps

L’année 2003 marque une nouvelle étape dans la riche histoire de la manufacture française avec le lancement d’un modèle au nom évocateur : la Mythic. Créée dans le respect absolu des valeurs fondatrices de LIP : la technicité et l’avant-gardisme, cette montre se veut la digne héritière de l’« aventure du design » initiée en 1974-1975, lorsque la marque avait fait appel à sept créateurs extérieurs à l’horlogerie.

Le concept anti-conventionnel de Prisca Briquet
Imaginée par la designer Prisca Briquet, la Mythic s’inscrit dans la stricte continuité de ces grands créateurs des années 70. Son style contrasté prend délibérément le contre-pied des usages et des idées reçues. Esthétiquement, elle reprend une géométrie identitaire très forte chez LIP : l’intégration parfaite d’un cadran rond au sein d’un boîtier carré.

Une lecture du temps totalement inversée
La véritable prouesse de la Mythic réside dans sa façon de briser les codes horlogers traditionnels pour proposer un mode de lecture original et atypique. Sur cette montre, l’aiguille reste fixe et ce sont les heures qui tournent !

Le système repose sur trois disques horaires rotatifs :

  • Le grand cadran extérieur indique les heures.
  • Le cadran moyen indique les minutes.
  • Le plus petit cadran au centre indique les secondes.

L’heure se lit de manière instantanée, alignée le long d’une seule ligne droite tracée dans le prolongement direct du logo LIP, qui sert lui-même d’aiguille centrale. Bien que cette disposition puisse paraître déstabilisante au premier abord, elle offre en réalité une simplification extrême et une vision immédiate de l’heure.

Le choix de la modernité : le Titane et l’Automatique
Pour habiller cette innovation stylistique et mécanique (elle est animée par un mouvement mécanique à remontage automatique), LIP a choisi de concevoir un nouvel ensemble boîte et bracelet en titane. Ce matériau confère à la Mythic une légèreté, une robustesse et un confort au porté tout à fait exceptionnels. La montre est ainsi proposée avec un bracelet en titane brossé aux maillons rectangulaires, ou encore déclinée dans des versions plus colorées et ludiques, comme avec un bracelet en cuir orange perforé.

Par son design unique qui fait parler et sa lecture du temps innovante, la Mythic lancée en 2003 est la synthèse parfaite de la créativité décomplexée de LIP.

1997 : Bill Clinton et l’héritage de la « Montre des Présidents »

1997 : Bill Clinton et l’héritage de la « Montre des Présidents »

L’année 1997 marque un nouveau coup d’éclat diplomatique et médiatique pour la marque horlogère française LIP. Cette année-là, l’entreprise décide d’offrir l’un de ses modèles emblématiques au président des États-Unis en exercice, Bill Clinton.

Le choix d’un modèle chargé d’histoire :
La GDG La montre offerte au président américain n’est pas n’importe laquelle : il s’agit du modèle GDG (Général de Gaulle). Cette montre d’avant-garde était déjà réputée pour sa rigoureuse exactitude associée à une très grande lisibilité. Ce geste s’inscrit dans une tradition très prestigieuse de la marque bisontine. En effet, ce modèle avait déjà été offert à d’autres chefs d’État d’envergure internationale, tels que le général Charles de Gaulle lui-même à la fin des années 1950, puis le président américain Dwight D. Eisenhower. C’est ce prestigieux palmarès qui a d’ailleurs valu à ce modèle le surnom légitime de « Montre des Présidents ».

La fierté de porter le même garde-temps que de Gaulle
Le cadeau horloger a été particulièrement apprécié par le dirigeant américain. Par la suite, Bill Clinton a été régulièrement photographié arborant fièrement sa montre LIP au poignet. L’engouement du président a même largement dépassé le cadre de la simple anecdote photographique : lors d’une interview accordée au célèbre magazine Newsweek, il s’est publiquement félicité de porter la même montre LIP que le général de Gaulle.

Un honneur pour l’industrie française
Sensible à ce geste, Bill Clinton a tenu à exprimer personnellement sa gratitude en adressant une lettre de remerciement fort aimable à Jean-Claude Sensemat, qui venait de reprendre la direction de LIP dans les années 1990, ce qui a été perçu comme un véritable honneur pour l’industrie française.

À travers cet épisode de 1997, Bill Clinton rejoint ainsi le cercle très fermé des figures historiques et emblématiques (à l’instar de Winston Churchill des décennies plus tôt) qui ont choisi LIP, devenant un ambassadeur international de l’élégance intemporelle et de la précision du savoir-faire horloger français.

1975 : L’aventure du design chez LIP, une révolution horlogère

1975 : L’aventure du design chez LIP, une révolution horlogère

Après les intenses bouleversements sociaux de 1973 et une période d’autogestion ouvrière, Claude Neuschwander, ancien créatif de Publicis, prend la direction générale de la manufacture LIP. Pour relancer la marque et marquer le démarrage d’une ère nouvelle, il initie en 1974, avec Marie-Laure Jousset (responsable des collections), un projet esthétique sans précédent qui explosera véritablement lors de la collection du printemps 1975.

Un œil neuf : sept designers extérieurs à l’horlogerie
La démarche audacieuse de LIP consiste à faire appel à sept designers de renom qui ne sont absolument pas issus de l’industrie horlogère. L’objectif défini par Marie-Laure Jousset n’est pas de trouver de simples stylistes, mais de créer des « objets contemporains à la mesure de notre époque » en s’appuyant sur des créateurs capables de poser un regard totalement neuf sur la montre.

Le résultat est éblouissant : sur les 180 modèles que compte la collection de 1975, 45 montres sont « designées » et bousculent toutes les traditions. Chaque designer apporte sa vision unique :

  • Roger Tallon (l’avant-garde et l’ergonomie) : Designer industriel illustre (connu pour le TGV), il est l’auteur de la légendaire ligne Mach 2000. Rompant radicalement avec la montre-bijou traditionnelle, il imagine un boîtier asymétrique en forme de demi-lune, doté de boutons-poussoirs sphériques aux couleurs primaires. Tallon s’inspire également du téléviseur portatif Portavia 111 pour dessiner la BIG TV, une montre carrée aux coins arrondis. Ses créations intègrent de nouveaux matériaux empruntés à l’aéronautique, comme le métal anticorrodal.
  • Michel Boyer (la fraîcheur et la simplicité) : Dix ans avant l’arrivée de la Swatch, Michel Boyer invente le « concept plastique » à un prix très attractif (140 francs). Il conçoit la série « Les Candides » fabriquée en hostaform, avec des montres ludiques et décomplexées. Sa gamme « Les saisons » propose des montres aux couleurs vives (printemps rose, été vert, automne jaune, hiver bleu) dotées d’un cadran orné d’une marguerite.

  • Rudi Meyer (la rigueur des formes et des matières) : Partageant avec Roger Tallon l’utilisation de matériaux novateurs, Rudi Meyer recherche des formes franches et nettes, associées à des matériaux bruts, sobres et mats. Il réalise notamment la ligne Galaxie, composée de boîtiers ronds en métal anodisé et de cadrans minimalistes marqués par de simples billes métalliques ou des creux.
  • Marc Held (le raffinement et la sophistication) : Ce designer repense l’objet de fond en comble. Sa méthode consiste à faire « éclater » la montre en tous ses éléments de base (verre, boîte, cadran, aiguilles, remontoir) pour les réinventer et les réassembler de manière inédite, apportant une haute sophistication à la collection
  • L’exploration des formes par Isabelle Hebey, Michel Kinn et Jean Dinh Van : La collection est enrichie par Isabelle Hebey, qui crée des montres rectangulaires au design très moderne en alliage anodisé dur. Michel Kinn imagine de son côté des boîtiers rectangulaires intégrants d’étonnants verres ronds, tandis que le célèbre joaillier Jean Dinh Van conçoit de superbes montres en argent massif portées comme des tours de bras rigides.

    Isabelle Hebey :

Michel kin :

Jean dinh van : 

L’aventure du design de 1975 a transformé la manufacture de Besançon en un laboratoire esthétique de premier plan. En cassant les codes traditionnels grâce à la géométrie, aux plastiques et aux couleurs vives, LIP a accouché de véritables œuvres d’« art industriel ». Aujourd’hui encore, les héritières de ces créations iconoclastes, telles que la Mach 2000, la Big TV ou la gamme Mythic, demeurent des piliers incontournables du catalogue LIP.

1973 : L’épopée LIP et la révolution du « C’est possible »

1973 : L’épopée LIP et la révolution du « C’est possible »

Dans la mémoire collective française, les trois lettres de LIP résonnent bien au-delà de la simple horlogerie : elles incarnent le symbole du plus long et du plus emblématique conflit industriel de l’après-Mai 68. L’année 1973 marque en effet une rupture brutale pour la manufacture bisontine, qui se transforme soudainement en un formidable laboratoire social et politique, bouleversant la France entière.

L’étincelle : le refus du démantèlement
Au début des années 1970, la prestigieuse entreprise horlogère, confrontée à la concurrence internationale et à une trésorerie exsangue, vacille. En avril 1973, LIP dépose le bilan. La tension culmine le 12 juin, lorsque les administrateurs provisoires annoncent aux ouvriers que les salaires ne seront plus versés. La nuit même, la découverte fortuite d’un rapport confidentiel (l’épisode de « la valise ») met le feu aux poudres : il révèle un plan secret prévoyant le licenciement de 480 personnes et le démantèlement de l’usine. Face à ce qui est perçu comme le pillage de leur outil de travail, les ouvriers décident de riposter d’une manière totalement inédite.

« La grève riche » et le trésor de guerre
Plutôt que de cesser le travail et de bloquer l’usine traditionnellement, les salariés de LIP, sous l’impulsion de l’intersyndicale (et de figures marquantes comme Charles Piaget de la CFDT), inventent « la grève riche », c’est-à-dire le contrôle ouvrier de la production. Dans la nuit du 20 au 21 juin, pour se prémunir contre les manœuvres de la direction, ils s’emparent d’un stock de 65 000 montres, d’une valeur de 10 millions de francs, qu’ils dissimulent dans des caches secrètes à travers la région. Ce « trésor de guerre » devient leur monnaie d’échange et leur assurance-vie.

« C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie »
Ce slogan historique, apparu sur les murs de l’usine de Palente durant l’été 1973, résume à lui seul l’audace du mouvement. Refusant la fatalité, les ouvriers remettent les chaînes de montage en route le 18 juin. Ils organisent des « ventes sauvages », proposant les montres directement au public avec une remise de 42 %. Le succès est foudroyant : soutenus par l’enthousiasme populaire, les travailleurs récoltent des millions de francs, ce qui leur permet, dès le 2 août, de se verser une « paye de survie ». L’usine s’autogère de fait, s’organisant en commissions (production, vente, accueil, restaurant), avec une implication majeure des femmes, qui représentent 60 % des effectifs de la manufacture.

Un séisme sociétal et une solidarité sans précédent
Le combat des LIP dépasse très vite les grilles de l’usine de Besançon pour devenir une véritable cause nationale. Les travailleurs en lutte attirent l’attention des médias, des intellectuels et de la classe politique. Ils tissent des liens avec d’autres luttes de l’époque, notamment avec les paysans aveyronnais, donnant naissance au célèbre mot d’ordre : « Lip-Larzac, même combat ».

Le point d’orgue de cet élan de solidarité exceptionnel a lieu le 29 septembre 1973 lors de la « Marche sur Besançon ». Sous une pluie battante, près de 100 000 personnes venues de la France entière (et même de l’étranger) convergent vers la capitale comtoise pour scander « LIP vivra » et soutenir les ouvriers.

L’héritage d’une utopie
Si le conflit LIP connaîtra par la suite des rebondissements amers, de nouvelles faillites et la création de coopératives éphémères pour tenter de survivre, l’année 1973 reste gravée dans l’Histoire. Ce mouvement a eu des répercussions sociétales tangibles et a notamment poussé le gouvernement à légiférer : c’est directement en réponse au drame de LIP qu’a été créé fin 1973 le FNGS (Fonds national de garantie des salaires), garantissant le paiement des employés en cas de liquidation d’une entreprise.

Aujourd’hui encore, l’affaire LIP de 1973 demeure le symbole éclatant d’une utopie réalisée, celle d’hommes et de femmes refusant la fatalité économique pour affirmer que l’économie doit rester au service de l’humain.

1967 : Le centenaire de LIP et la naissance de la Nautic-Ski

1967 : Le centenaire de LIP et la naissance de la Nautic-Ski

L’année 1967 est une date symbolique qui marque le centenaire de la manufacture horlogère bisontine LIP, fondée par Emmanuel Lipmann un siècle plus tôt. Pour célébrer cet anniversaire historique, l’entreprise dévoile une montre qui va révolutionner le monde de la plongée sous-marine et s’inscrire dans la légende : la Nautic-Ski.

L’origine d’un nom singulier
L’appellation de cette montre mythique croise deux univers. Le terme « Nautic » met en avant ses capacités d’étanchéité exceptionnelles en milieu aquatique. Le mot « Ski », quant à lui, est un hommage direct à la passion pour la glisse et la vitesse de Fred Lip et de sa fille, Muriel. Muriel Lip fut en effet une sportive de haut niveau, membre de l’équipe de France féminine de ski alpin de 1950 à 1956.

Des innovations techniques majeures pour la plongée
Lors de sa sortie, la Nautic-Ski s’impose comme la toute première montre française véritablement étanche à 200 mètres (20 atmosphères). Cette prouesse technique repose sur l’utilisation d’un boîtier spécifique de type « super-compressor » : conçu en acier inoxydable, il a la particularité d’offrir une étanchéité qui s’accroît mécaniquement à mesure que la pression de l’eau augmente lors de la descente.

Visuellement et techniquement, elle se démarque par deux autres atouts majeurs. D’une part, elle est surmontée d’un verre très épais et bombé (agissant presque comme une loupe) qui lui confère une grande robustesse et un charme rétro. D’autre part, elle rompt avec l’esthétique classique en intégrant deux couronnes distinctes placées à 2 et 4 heures. Si l’une sert à la mise à l’heure du mouvement électromécanique à dateur (le calibre R 184), l’autre permet d’actionner une révolutionnaire lunette tournante positionnée à l’intérieur du cadran, sous le verre. Cette idée brillante évite que la lunette ne soit déplacée accidentellement par un choc sous l’eau, garantissant ainsi la sécurité du plongeur lorsqu’il calcule son temps de plongée.

La montre des JO et des grands explorateurs marins
Initialement proposée au tarif de 375 francs avec un cadran noir très lisible, la Nautic-Ski bénéficie d’une formidable vitrine internationale lorsqu’elle est associée aux Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble en 1968, pour lesquels LIP officie en tant que chronométreur officiel.

Mais ce sont surtout les professionnels de la mer qui vont forger son immense prestige. Réputée infaillible et taillée pour les conditions extrêmes, la Nautic-Ski est rapidement adoptée par les plus grands navigateurs, à l’image du célèbre Éric Tabarly. Elle s’illustre également en devenant l’un des instruments privilégiés de l’équipe du commandant Jacques-Yves Cousteau lors de ses explorations sous-marines. L’alliance de ces figures emblématiques de l’aventure marine et de cette technologie avant-gardiste a définitivement fait de la Nautic-Ski une icône intemporelle du savoir-faire horloger français.